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Hugues Decointet 2009, © Hugues Decointet |
GALERIE JOSÉ MARTINEZ Du mercredi au samedi Métro A station « Hôtel de Ville » |
La galerie José Martinez consacre sa première exposition en 2000 à Erik Dietman et présente depuis cette date cinq à six expositions par an. La galerie représente dix-sept artistes confirmés ou émergents qui utilisent aussi bien la sculpture, l’installation, la photographie, la peinture ou la vidéo. Sa restructuration en 2008 a donné lieu à l’agrandissement de l’espace d’exposition et la création d’un show-room des artistes représentés.
L’installation (D)’Après Blanche-Neige raconte en même temps une fiction – Blanche-Neige du poète Robert Walser – et l’histoire d’un film, l’éponyme Blanche-Neige du cinéaste portugais Joào César Monteiro. Un film singulier dont l’auteur a occulté l’image pour ne laisser place qu’à la beauté du texte de Walser : un film noir ! L’installation scénique vidéo d’Hugues Decointet est conçue comme un plateau de tournage ouvert au public où apparaissent ici et là des séquences vidéos. À travers éléments de décors et accessoires, à travers images, textes et sons, le spectateur, se déplaçant dans le dispositif, peut ainsi effectuer son propre montage et se construire un récit, plus ou moins fragmenté, aux temporalités multiples, d’après les Blanche-Neige de Grimm, Walser et Monteiro.
« Depuis plusieurs années, on assiste à un retour des Vanités dans l’art contemporain, parce que le pouvoir, l’argent et la jeunesse voudraient aujourd’hui nous faire oublier l’inéluctabilité de notre mort. Avec mes squelettes, mes crânes, mes trophées de chasse… on peut dire que j’aborde ce genre en essayant de comprendre ce phénomène de mode, car il faut bien avouer que les Vanités d’aujourd’hui glissent souvent vers le décoratif. Il y a un stylisme de la figure du squelette qui a quitté le domaine de la morale pour rejoindre celui du bling-bling. Il n’y a pas une marque de haute couture ou de parfum qui n’ait sorti une tête de mort. Je trouve intéressant de constater qu’une époque aussi obsédée par le spectacle et la fête permanente que la nôtre mette en scène de manière systématique des attributs anciennement morbides pour les rendre finalement inoffensifs. On pourrait dire que les Vanités actuelles sont des anti-Vanités par rapport aux Vanités classiques du XVIIIe, qui, elles avaient l’honnêteté de faire vraiment réfléchir – même les princes et les puissants – au caractère éphémère de l’existence. » (Pascal Bernier)
Nocturne de l’exposition de Pascal Bernier jusqu’à minuit