L'emmerdement c'est qu'elle est trop grande (500m²) pour figurer dans la rétrospective que lui consacre la Tate actuellement. Qu'à cela ne tienne, foncez à Londres la voir, même s'il y manque deux-trois pièces des années 60 qui permettent de comprendre la façon dont il se saisit du cinéma (durée/montage/illusion) pour en faire une œuvre.
Si vous allez voir John Baldessari, évitez Pop Life - entre £8 et £10 l'entrée - vous y verrez certes des héros dès la première salle : Takashi (un maître), Andy (l'histoire) et Jeff (un Versailllais). Comptez les millions de dollars. On y voit même le Pop shop de Keith Harring qu'on avait reconstruit en mieux au MAC Lyon il y a quelques mois. L'expo est people, distrayante, elle ferait un tabac en prime time chez Berlusconi (rassurez-vous, il y a la série sexe de Jeff Koons, mais préférez La vache et le prisonnier avec Margot et Fernandel. En revanche, foncez à la Hayward Gallery : son directeur Ralph Rugoff a commis un beau texte pour les Mylayne (encore eux, c'est un complot), et un pas mal du tout pour la Biennale 2007. Il reste des exemplaires. Mais Ralph a surtout conçu une superbe exposition d'Ed Ruscha, le pape du Pop de l'ouest (Baldessari à l'époque était le roi du concept de LA ; Kosuth se moquait de lui, il avait lu Wilgenstein, lui ! Et aujourd'hui ils sont à égalité). (Joseph Kosuth : voir le parking de la Part Dieu grâce à Lyon Parc Auto et Georges Verney-Carron. Courez voir les deux expos qu'il présente avec son ami et néanmoins rival Olivier Houg à proximité de la Sucrière - pour mémoire ils sont tous deux concepteurs de Docks Art Fair, qui a eu encore cette année un beau succès.)
A la Hayward, Jeff expose notre Back of Hollywood, acquis en 1986, lors de la première expo importante de Ruscha en France. Pour l'anecdote, on avait perdu l'artiste : il était descendu à Part Dieu quand on l'attendait à Perrache. Imaginez, dans un autre genre - je dis ça pour l'ami Thierry Frémaux et ses stars, Erick Von Stroheim ou Rocco Siffredi, coincés à Beaurepaire alors qu'il les attend à Bron. L'Enfer... Ruscha quant à lui n'a pas fait carrière à Hollywood car il lui manque 7 cm, mais pour les œuvres, ça va. Le catalogue Ruscha édité par le MAC Lyon en 1986 est encore disponible, on y voit les esquisses rares des chefs d'œuvre exposés à Londres. Le premier d'entre vous qui donne l'âge de Ruscha gagne un catalogue signé par Victor Bosch - pour ceux qui l'auraient oublié, producteur du Petit Prince et de Notre Dame de Paris, et batteur à l'exceptionnel pied gauche.

