Les 40 ans du Centre Pompidou

Dans le cadre des 40 ans du Centre Pompidou, des chefs-d’oeuvre de la collection du Centre Pompidou viennent consteller la Biennale : le majestueux mobile de Calder, 31 janvier, que Jean-Paul Sartre envisage comme « une petite fête », vient par exemple dialoguer avec l’oeuvre en suspension A=P=P=A=R=I=T=I=O=N de Cerith Wyn Evans inspirée par la poésie de Mallarmé. 

 

Alexander Calder, 31 janvier, 1950

Les oeuvres aériennes de Calder ont bouleversé l’histoire de l’art et de la musique contemporaine en introduisant les notions d’indétermination et de hasard, invitant certains compositeurs comme Earle Brown à créer des « oeuvres ouvertes ». Le créateur de 31 janvier a oeuvré toute sa vie à la symbiose entre l’acoustique et le visuel. Jean-Paul Sartre le soupçonnait déjà en 1946, lorsqu’il évoquait habilement des « harpes éoliennes », un « petit jazz-hot » ou encore des « inventions lyriques » pour dépeindre le mobile, cet « objet défini par son mouvement qui n’existe pas en dehors de lui ».

 

Cerith Wyn Evans, A=P=P=A=R=I=T=I=O=N, 2008

Cerith Wyn Evans produit une oeuvre polymorphe, dans laquelle les questions perceptuelles se superposent à un jeu de reconfiguration poétique. Ancien assistant du réalisateur Derek Jarman, il a gardé de ce dernier un sens de la mise en scène et de l’élégance. Si des textes ou des citations peuvent constituer le point de départ de ses installations, les différentes traductions que leur fait subir Wyn Evans les transforment en signaux sonores ou lumineux qui peuvent alors entamer un dialogue avec le lieu qui les accueille. Cerith Wyn Evans s’associe avec Throbbing Gristle, groupe de musique expérimentale et bruitiste né à Londres en 1975 pour donner forme à cette installation sonore dont le titre est emprunté au poète Stéphane Mallarmé. A=P=P=A=R=I=T=I=O=N réactualise la forme du mobile, sculpture ouverte telle que l’a inventé Calder. La surface miroitante des haut-parleurs circulaires modifie l’appréhension de cette sculpture en mouvement, allant parfois jusqu’à annihiler la monumentalité première pour révéler un état indéterminé, en suspension, entre apparition et diffraction dans l’espace. L’installation se transforme en concert spatialisé dans l’espace, en une polyphonie électrique toujours renouvelée en fonction des déplacements du public.

 

40 Ans Pompidou

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