Dominique Blais

Portrait

Né en 1974 à Chateaubriand (France), vit et travaille à Paris (France)

 

Un segment circulaire (Révolution IV), 2017

Empyrée (n°, n°2, n°3, n°4), 2016

Sans titre (Les cives), 2014

La notion de flux, au cœur des recherches de Dominique Blais se retrouve dans son installation in situ Un segment circulaire (Révolution IV) créée pour la Biennale de Lyon. Le cercle lumineux, par sa disposition spatiale à l’angle du plafond, suggère que seule une portion de l’installation est visible : l’arc de cercle semble interrompu par le mur. L’incandescence des ampoules alterne avec leur extinction de façon à produire l’illusion d’un mouvement circulaire. Elle prolonge ainsi le soupçon d’une œuvre enchâssée dans la totalité du bâtiment, dont la visibilité nous serait incomplète. L’opacité du mur fonctionne comme une butée, autant que comme un écran. L’installation de Dominique Blais génère une contradiction entre notre perception et la représenta­tion mentale que nous nous faisons de l’architecture. Si celle-ci n’est pas insoluble, elle permet néanmoins plusieurs allers-retours, d’une échelle à une autre, d’un point de vue à un autre, ou d’une hypothèse à une autre.

La question des matériaux, qu’ils soient physiques ou évanescents, se révèle également dans l’œuvre de Dominique Blais, jouant sur notre perception sensi­ble et physique de notre environnement et rendant « visible l’invisible ». À partir de carreaux de mosaïque en plastique, Dominique Blais créé Empyrée, un espace poétique constitué de tableaux monochromes aux couleurs irisées. Selon l’heure du jour et en fonction du déplacement du spectateur, la teinte et les reflets changent, évoquant un ciel aux couleurs chatoyantes. Dominique Blais joue également sur la contradiction, comme bien souvent dans son travail. Son œuvre Sans titre (Les cives), parterre aux couleurs aquatiques composé de cymbales en verre soufflé qui s’animent au rythme d’un léger mouvement de balancier, se révèlent trompeuses en tout point. Malgré leur ressemblance avec des cymbales, les cives émettent un son différent du timbre métallique attendu des instruments – un écart qui invite à une écoute autant visuelle qu’auditive.

Avec l'aide du Grame - Centre national de la création musicale, Lyon

Avec le soutien du Groupe La Poste, mécène de la 14e Biennale de Lyon

 

Sans titre (Melancholia) [Philips 523, robe bleue], 2016

L’œuvre Sans titre (Melancholia), malgré les signes apparents de sa destruction, est toujours en fonctionnement, comme le signalent le mouvement de rotation du disque et les craquements sonores discrets. Le souffle du haut-parleur prolonge une analogie corporelle initiée par le titre de l’œuvre. En effet, dans la médecine antique, la mélancolie est associée à la bile, et on l’envisage comme un élément actif du corps humain. L’écartèlement ostentatoire de Sans titre (Melancholia) peut être rapproché des représentations picturales d’écorchés, ces cadavres dont l’intérieur était offert aux regards des étudiants et des curieux, afin qu’ils y cherchent des traces de la vie.

 

Phases of the moon (Harvest), 2017
Courtesy of the artist and Galerie Xippas, Paris

Phases of the moon (Full moon cycle) consiste en l’envoi quotidien à la Biennale par l’artiste d’une représenta­tion en verre de la lune. Le premier envoi est daté du 6 septembre 2017, le dernier du 5 octobre : l’œuvre se déroule donc d’une pleine lune à la suivante, soit la durée d’un cycle lunaire complet. Tous les colis sont rigoureusement identiques, à l’exception du timbre postal, qui représente la phase lunaire de la date d’envoi. Le protocole mis en place par Dominique Blais est un dispositif à la temporalité finie, qui entre en résonance avec celle, infinie, des mouvements célestes. La délicatesse et la fragilité des matériaux et des moyens employés par l’artiste (le verre et le papier) se superpo­sent à une réalité matérielle permanente et inaltérable. L’accomplissement du geste artistique est tributaire de la collaboration involontaire des services postaux, qu’il s’agisse de l’oblitération des missives ou de leurs trans­ports. L’activation de l’œuvre est donc collective, et joue ainsi de l’interdépendance de chacun de ses éléments, dans un système suspendu et dynamique.

Avec le soutien du Groupe La Poste, partenaire associé de la 14e Biennale de Lyon

 

© F. Lanternier

 

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