Lygia Pape

Portrait

Née en 1927 à Nova Friburgo (Brésil), décédée en 2004

Artiste capitale de l’avant-garde brésilienne, Lygia Pape s’est intéressée, dans les années 1960, à des questions liées aux matériaux – recherche poursuivie jusqu’à sa mort, avec notamment New House qui fait se confronter lumière, destruction et envahissement de la nature. Pionnière d’un art performatif, participatif et sensoriel intimement lié aux questions sociales, son oeuvre O Ovo permettait ainsi aux participants de déchirer de fines feuilles de papier ou de plastique colorées enveloppant des cubes de bois. 

Des habitants de Rio issus de toutes les classes sociales ont été réunis sous un grand drap blanc par Lygia Pape dans le cade de Divisor. Par cette action, un espace était tissé en tant que processus créatif afin d’établir de nouvelles relations. Dans la lignée de cette œuvre historique de la collection de l’IAC de Villeurbanne, un programme de performances se déploie, notamment le week-end du 14 et 15 octobre 2017, à Lyon et au MAGASIN de Grenoble, afin d’y découvrir les œuvres d’artistes tels que Héctor Zamora, Julien Creuzet, Rivane Neuenschwander, Marco Godinho, Elisabeth S. Clark…

 

New house, 2000

Luar no Sertão, 1995

Divisor, 1969-2017

« Comme vous pouvez le voir, tout est connecté. L’œuvre d’art n’existe pas comme un objet fini et abouti mais comme quelque chose qui est toujours présent, en permanence avec les gens ». Lygia Pape est une des artistes majeures de la scène brésilienne émergente des années 1950, avec le groupe avant-gardiste Frente qui se réapproprie certaines formes issues de la moder­nité européenne. Son œuvre New House évoque une favela dont on suit la progressive destruction. Cette œuvre existe sous deux formes : soit tropicalisée par la végétation dans la forêt de Tijuca à Rio de Janeiro, soit telle que présentée ici, semblant détruite par le temps. Pionnière d’un art performatif, participatif et sensoriel intimement lié aux questions sociales, Lygia Pape crée un habitacle où les corps se rejoignent en une immense peau et forment une architecture mouvante. Divisor est emblématique des processus de pensées qui animent Lygia Pape, où la destruction – ici la division des corps par la toile – fait partie intégrante de la renaissance. Lygia Pape s’inspire enfin d’une chanson populaire brésilienne invitant aux plaisirs d’une vie simple pour son œuvre Luar do Sertão (Clair de lune dans l’arrière-pays), vaste étendue de pop-corn éclairée à la lumière noire. L’artiste créé une image lyrique et ironique de ce sentiment d’errance dans un paysage au clair de lune, non sans rappeler la perte d’espoir des habitants du Brésil. Elle reprend la métaphore artistique de l’anthropophagie, introduite par le poète et théoricien brésilien Oswald de Andrade, et associant le cannibalisme des peuples indigènes à une lutte poli­tique contre la dictature, notamment au Brésil.

 

Paris2 Azul

Avec le soutien de l'Ambassade du Brésil

©Paula Pape © Projeto Lygia Pape

 

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