MAGASIN des horizons

Adresse

8 esplanade Andry Farcy

38000, Grenoble

Site internet

Comment y aller

événements

Care & Repair

Si le ukiyô est invoqué à la Biennale de Lyon, c’est le kintsugi qui officie au MAGASIN des horizons. Signe des temps,
une pensée non binaire inspire nos programmations et donne un souffle de re-nouveau à ces augustes institutions.
Le kintsugi est l’art de la réparation au Japon ! C’est à la fois une pratique et une philosophie qui prend en compte le
passé d’un objet, son histoire, ses accidents et qui permet de le réparer à la poudre d’or. La casse ne signifie plus sa
fin ou sa mise au rebut, mais un renouveau, le début d’un autre cycle et une continuité dans son utilisation.
Dans une proximité symbolique et visuelle évidente avec les propositions d’Ibrahim Mahama et Gaëtan Rusquet, le
kintsugi est aussi invoqué par Emilie Notéris dont l’écriture réparatrice tisse les liens entre fiction et théorie dans un
trouble des genres qui fait du bien !

 

SAM 14.10
9H -13H // ATELIER D’ÉCRITURE
L’ÉCRITURE ENTRE LES DEUX RIVES avec EMILIE NOTÉRIS
Déjouer le genre de nos imaginaires c’est ainsi que La Fiction réparatrice se définit. Imaginaire et fiction ne constituent pas des univers parallèles, mais sont le réel par lequel se recompose et se légitime l’ordre, la norme ou, comme l’invite Émilie Notéris, le désordre. Un atelier d’écriture comme un exercice de bibliomancie afin de vous permettre de vous saisir des outils théoriques développés par Émilie Notéris !
Émilie Notéris est une travailleuse du texte, née en 1978. Après avoir apprivoisé textuellement des meutes de loups-garou anarchistes et des clans de vampires stylistiques dans CosmicTrip (IMHO, 2008), elle s’est écrasée au sommet d’un séquoia californien marxiste pour Séquoiadrome (Joca Seria, 2011). L’écriture d’un essai sur le Fétichisme Postmoderne (La Musardine, 2010) lui vaut d’être contactée occasionnellement pour des dossiers sur le fétichisme du latex, domaine qui ne relève nullement de sa compétence. Elle tombe amoureuse, en 2012, du défunt théoricien des médias canadien Marshall McLuhan, en traduisant son premier ouvrage inédit en français, La Mariée mécanique (è®e, 2012), qui lui permet d’embrasser ensuite une carrière de traductrice (Malcolm Le Grice, Eduardo Viveiros de Castro & Deborah Danowski, Slavoj Zizek, Hakim Bey, Vanessa
Place, Eileen Myles, Gayatri Chakravorty Spivak, Uzma Z. Rizvi, Sudipta Kaviraj…). Elle préface les anarchistes Voltairine de Cleyre et Emma Goldman (Femmes et Anarchistes, éditions Blackjack, 2014), traduit des écoféministes (Reclaim !, Cambourakis, 2016) et invite des xénoféministes (week-end Eco-Queer, Bandits-Mages, Bourges, 2015).

 

SAM 14.10 >14H-18H // PERFORMANCE PLACE SAINT-ANDRÉ, GRENOBLE
&
DIM 15.10 >14H-18H // PERFORMANCE AU MAGASIN DES HORIZONS, GRENOBLE
LABORED FORMS, 2017
IBRAHIM MAHAMA

MAGASIN01

 

Un matériau : des sacs en toile de jute servant au commerce mondialisé. Un acte : coudre pour réparer. Un principe : prendre soin ensemble. Ibrahim Mahama et une trentaine de co-performeurs s’affairent à coudre ensemble ces pièces de tissus comme un acte de réparation, coudre ensemble ces peaux scarifiées comme un acte de cicatrisation. Un acte et une réponse collective pour réparer : R-assembler là où l’individualisme et le capitalisme mondialisé ont disséminé.
Ibrahim Mahama est né en 1987, il vit et travaille à Tamale au Ghana. Il a étudié à l’université de Science et de Technologie Kwame Nkrumah. En 2012, il commence ‘Occupations’ une série d’installations itinérantes faites en collaboration avec des communautés de migrants utilisant des matériaux industriels, principalement des sacs en toile de jute fabriqués en Asie qui ont transporté, chocolat, riz et charbon au Etats-Unis et en Europe. Ces sacs sont introduits dans des espaces qui questionnent le système de production et ce sens de « l’occupation ». Dans ces projets immersifs et malgré tout éphémères, l’architecture joue à la fois le rôle de protagoniste et d’antagoniste. Son travail a été montré dans diverses institutions et manifestations telles que la 56° Biennale de Venise, documenta 14 (Cassel et Athènes), Pangea I et Pangea II à la Saatchi Gallery, Cornfields à Accra, etc. Dans ses travaux les plus récents, il questionne, avec son réseau de collaborateurs, la place de l’architecture moderne de

deux villes cosmopolites du Ghana. L’échec et la crise sont fondamentales dans son processus de production.

 

K.N.U.S.T Catholic Church. Site of Production. 2016  K.N.U.S.T Kumasi Ghana. Photo: Ibrahim Mahama

 

 

 

DIM 15.10 // PERFORMANCE
15H-19H
MEANWHILE
GAËTAN RUSQUET

MAGASIN02

Le son gronde. La terre tremble. La menace d’anéantissement se fait sentir. Qualifié de « mangeur de terre » par les Indiens, l’homme occidental ne cesse de creuser, déplacer, transformer la Terre, pour bâtir ses villes et ses édifices. Peut-on de nos corps fédérés faire barrage à l’effondrement ?
Dans ce spectacle apocalyptique Gaëtan Rusquet fait réaliser une construction à trois performeurs. S’agit-il d’une maquette ou d’une installation ? Alors même qu’ils l’édifient, il leur faut résister à l’anéantissement de leur entreprise. Soumise à de sourdes vibrations, la construction s’effrite et tombe en ruine, inexorablement amenée à s’effondrer. Les acteurs doivent sans cesse résister à la menace d’anéantissement de leur édification qui subit inlassablement des mouvements sismiques captés à travers le monde qu’un logiciel convertit en temps réel en infrabasses. Mais les corps humains insistent, résistent et reconstruisent brique après brique ces édifices. Malgré l’inexorabilité de ce qui les attend, malgré l’impuissance à contenir de leurs corps, leur force réside en leur résilience. Ne pas abandonner, recommencer jusqu’à ce qu’enfin peut-être la terre cesse de trembler ?

Performance : Amélie Marneffe, Claire Malchrowicz, Gaëtan Rusquet.
Dispositif sonore : Yann Leguay.
Gaëtan Rusquet est né en 1984, il vit et travaille à Bruxelles. Il travaille actuellement en tant que directeur, performeur et scénographe dans le champ de la performance, de la danse et des arts visuels. Après avoir étudié les arts appliqués à l’ENSAAMA à Paris, puis la scénographie et la performance à l’ENSAV La Cambre. Dans ses propositions artistiques, Gaëtan Rusquet s’intéresse à la relation entre l’action et le medium, tout en partageant une expérience à la fois visuelle et performative avec le public. Son travail a été présenté dans de nombreux festivals européens et des institutions telles que Impulstanz (AT), MDT (SE), AvantGarden (NO), Accionmad (ES), Plalais de Tokyo (FR), FRAC Lorraine (FR) and Kaaitheater (BE).

 

Gaëtan Rusquet, Meanwhile. Photo : Giannina Urmeneta Ottiker

 

DIM 15.10
16H // CONFÉRENCE PERFORMÉE
« LA FICTION RÉPARATRICE » EMILIE NOTÉRIS
Entre fictions littéraires et films de « mauvais genres », Émilie Notéris développe un usage inédit de la notion de réparation. Mettant au travail un concept esquissé par la théoricienne Eve Kosofsky Sedgwick (qui opère la distinction entre lecture paranoïaque et lecture réparatrice, cette dernière refusant de séparer le blanc des faits du jaune de l’imagination), ce livre se soutient d’une conviction : lorsqu’elle entend partir de la non-effectivité sexe-genre pour libérer, non seulement notre manière d’envisager les identités sexuelles, mais bien la façon de penser le monde. La théorie queer communique avec de multiples avancées parallèles qui, dans les sciences sociales et la philosophie contemporaines, entendent de même se frayer un chemin à travers les clivages et les dualismes entre nature et culture, corps et esprit, monde imaginaire et monde réel, individu et communauté.

 

Dates

Du sam 14 oct. au dim 15 oct. 2017

 

INSCRIVEZ-VOUS !

Abonnez-vous à la newsletter et restez connecté à la Biennale