Concours de poésie

Du 13 sept. au 13 oct. 2017

Ecrivez votre sonnet Mondes flottants !

Pour la quatrième année consécutive, Veduta réitère sa collaboration avec Télérama et propose cette fois-ci de mettre à l’honneur les talents des poètes inspirés par les Mondes flottants

 

Mais, à chaque monde ses contraintes ! Nous proposons donc aux participants l’écriture d’un sonnet et qui devra également s’intituler Mondes flottants. Avec ou sans sous-titre, à vous de voir ; avec des rimes qui se croisent ou qui s’embrassent, à votre convenance…

 

Les poèmes seront ensuite étudiés par un jury de professionnels, présidé par l’écrivain et musicien Vincent Delerm. Les 10 poèmes retenus seront lus, récités, chantés, slamés… et publiés sur le site internet de la Biennale dès novembre !

 

Lancement Mercredi 13 sept. Les participations sont closes depuis le Vend. 13 oct. à minuit.

Pour découvrir les 10 sonnets gagnants du concours, descendez en bas de page !

 

Soirée de lecture des 10 sonnets gagnants le Vend. 15 déc. de 19h30 à 20h30, au Café Biennale de la Sucrière !

 

Programme de la soirée :

 

19h45 : Introduction de la soirée par Veduta et Télérama

 

19h50 à 20h30 : Interprétations des 10 poèmes gagnants

 

Ordre des passages :

Poème n°10 : Tali Serruya interprète le poème de Marc Guillemaux
Poème n°9 : Françoise Mabille interprète son propre poème
Poème n°8 : Eléa interprète le poème de Kathleen Leroy
Poème n°7 : Marie interprète le poème de Marie-Claire Geoffroy
Poème n°6 : Waina interprète le poème de Thierry Le Ligné
Poème n°5 : Hassan Guaid interprète le poème de Bertrand Jacob
Poème n°4 : Fafapunk interprète le poème d’Hélène Mori
Poème n°3 : Hassan Guaid interprète le poème de Patrick venture
Poème n°2 : Marie-Ange Gagnaux interprète le poème de Jean-François Salmon
Poème n°1 : Vincent Delerm interprète le poème de Thierry Losfeld

 

20h30 à 21h : Pot apéritif

Jury

Vincent Delerm, Président du jury

Thierry Raspail, Directeur artistique de la Biennale de Lyon

Adeline Lepine, Responsable du projet Veduta – Biennale de Lyon

Nathalie Crom, Cheffe du service livre – Télérama

Yasmine Youssi, Rédactrice en chef bimédia (arts, cinéma, livres, musiques, scènes) – Télérama

 

Petit rappel !

Le sonnet est un poème de 14 vers, composé de 2 quatrains aux rimes embrassées, suivis de 2 tercets dont les 2 premières rimes sont identiques tandis que les 4 dernières sont embrassées (sonnet italien) ou croisées (sonnet français).

Une rime est dite « embrassée » quand elle est encadrée par une autre, c’est le modèle « ABBA ». Une rime est dite « croisée » (ou alternées) en cas d'alternance deux par deux, c’est le modèle « ABAB ». 

 

Pour participer, envoyez votre poème à l’adresse :

poesie@labiennaledelyon.com

 

L'envoi de votre poème fait foi de participation au concours (pas de formulaire d'inscription à remplir).

Un seul poème par participant sera considéré.

 

Télécharger le règlement

# 1 : Arsène Follet

Mondes flottants

 

J'adore et le patient du lit de gauche adore

(Bien qu'il ne parle pas mais je vois ses yeux bleus)

Le rayon qui s'invite en s'ouvrant nébuleux

Dans la chambre où pourtant sous perfusion je dors

 

C'est l'hiver de ma vie et c'est l'hiver dehors

Mais là je suis vivant le soleil fabuleux

Fait une inondation sur mes draps nuageux

Et me chauffe et me baigne et m'enivre et me dore

 

Et je calcule

Les particules

Flottant dans ce cône d'air chaud

 

Les molécules

Les réticules

Que je vais rejoindre bientôt

# 2 : Jean-Francois Salmon

Mondes flottants

Houat

 

J'ai le goût des oeillets sur ma peau

Sur cette île évadée de la terre

Sur cette île allongée sur la mer

Sous l'écume et le vol des oiseaux

 

Elle sait les caresses de l'eau

Le crachin, le goût salé des pierres

Les nuages étourdis de l'hiver

Et la lune noyée dans les flots

 

On devine tracés sur le sable

De grands sillages déraisonnables

Le matin quand se calme le vent

 

Il y a cet immense marin

Egaré, luttant et dérivant

Qui s'éloigne à travers les embruns

# 3 : Patrick Venture

Mondes flottants

 

Dans le ciel d'Osaka et de Miyajima

Au-dessus des toriis j'ai vu des cerfs-volants

Frêles allégories de ce pays flottant

Où rien n'est immuable depuis Hiroshima.

 

Et si l'évanescent règne de l'éphémère

Gouvernait les pensées sans partage et sans fin ?

Et si le fugitif balayait aux confins

Dame pérennité souveraine sur terre.

 

Pourquoi faut-il choisir entre un monde figé

Et un monde flottant ? Pourquoi privilégier

Ce qui fut ou demeure ce qui passe ou résiste ?

 

Je profite de l'un me délecte de l'autre

Au gré des souvenirs j'ai l'âme d'un artiste

Qui goûte les beautés dont je me fais l'apôtre.

# 4 : Hélène Mori

Mondes flottants

 

A l'heure où je vous perle, les éclats m'irisent.

J'enfile le temps et laisse dorer le silence.

Vous êtes déjà loin, agiles et agités. En partance.

Alors je me souviens, quand l'heure s'indécise.

 

C'était une nuit de pleine lune et de vide maison.

Vous êtes sortis sur la pointe des pierres

Pour tracer des arcs de ciel, libres et fiers.

Franchir le cap des astres, à foison.

 

A l'heure où vous perlez, je vous écoute

Frôler les matins de rosée, défier les gouttes,

Parsemer l'aube de vos espoirs azurés.

 

C'était un jour de plein soleil et d'air courant.

Nous avons murmuré : personne ne pourra voler

Nos pensées filantes et nos mondes flottants.

# 5 : Bertrand Jacob

Mondes flottants

Crépuscule

 

Sur la ville qui dort son sommeil de ciment,

La pluie aux fins pinceaux dessine l'aquarelle

Du spleen. Le paradis crayeux d'une marelle

Sur le trottoir mouillé s'efface doucement.

 

Un bec de gaz frileux, pris de grelottements,

Diffuse une lueur blafarde qui chancelle.

Deux chats font le sabbat auprès d'une poubelle,

Poussant, griffes dehors, de longs miaulements.

 

Quelquefois, sur le fleuve enveloppé de brume,

Un remorqueur trapu jette un cri d'amertume

Dans le silence noir et profond de la nuit

 

Cependant que la lune insomniaque et pâle,

Derrière le bandeau d'un nuage qui fuit,

Ecarquille son oeil aux tons nacrés d'opale.

# 6 : Thierry Le Ligné

Mondes flottants

 

Lorsque j'étais enfant, je fréquentais souvent

Sans même le calculer ce monde ultra léger.

Et puis adolescent, j'ai voulu le garder

Un goût pour les alcools, les fumées, le néant.

 

Trempé dans l'âge adulte, j'étais sûr de mon coup,

Certain d'avoir trouvé la voie dite royale

La maison, la voiture, une femme idéale,

Le footing du samedi, la tondeuse, le toutou.

 

Plutôt que de flotter, j'étais bien immergé

Fallait revenir sur la rive et m'échouer

Retrouver mes esprits, me mettre à réfléchir

 

Faire le point sur sa vie n'est pas vraiment facile

Lâcher prise et tout ça, c'est si commode à dire.

Redevenir enfant ! Refaire de l'inutile !

# 7 : Marie-Claire Geoffroy

Mondes flottants

 

Ta chemise en lin blanc qui danse sur le fil

Gonflée comme une voile, m'a semblée habitée

Et l'ombre des grands arbres s'est mise à vaciller

Projetant sur le mur une chimère fragile.

 

Mes yeux ne peuvent te voir, mais tu es revenu

Et c'est bien ton parfum qui frôle mes narines

Et ton profil exact qui soudain se dessine

Dans ce lent cumulus qui erre dans les nues.

 

Es-tu dans notre monde ou bien juste à côté

Dans cet entre-deux là, où rien n'est achevé, 

Où les âmes au regret viennent hanter les vivants ?

 

Est-ce ton souffle à toi qui fait battre mon coeur

Ou bien n'est-ce qu'un rêve, un mirage trompeur,

Un tour de passe-passe inventé par le vent ?

 

 

# 8 : Kathleen Leroy

Mondes flottants

 

Dégât des eaux chez Flore - On raconte alentour

Que cette fille blonde au regard aquatique

Vidait en robinets de larmes pathétiques

Le trop-plein de son coeur en manquement d'amour.

 

Il paraît que chez elle, en un clapotis sourd,

Flottaient des nénuphars et des algues pratiques

Et qu'elle y grimpait nue de son corps élastique

Pour un peu se sécher au soleil de velours.

 

Par une froide nuit aux cieux pleins de fusées,

J'ai nagé jusqu'à elle et je l'ai enlevée

Malgré les végétaux quadrillant les étangs,

 

Elle ne pleurait plus mais émettait des bulles

Et son corps m'encombrait moins qu'une libellule

- Elle est morte en chemin dans les mondes flottants.

# 9 : Francoise Mabille

Mondes flottants

Lilypad Boat

 

Lily pas d'remous, fais pas ton p'tit nénuphar,

Zéro blop, blop, blop, zéro bouteille à la flotte,

Finies les Ophélie, évanouie l'antidote,

Je tiens plus d'bout, je surfe sur deux eaux, deux coups d'barre.

 

Je nous fraie un passage, flou, instable, au radar,

Coupe pas les amarres, je serre plus fort, ta menotte

Où je lis des présages tandis que là-bas flotte

Equivoque et tout frissonnant, l'eurodollar.

 

Sous le ciel sale, les garde-côtes et leur bizness,

Les figures pâles du zodiaque comme des S.O.S.,

C'est la vie, physique et fluide, elle pousse vers le haut

 

Tout corps perdu qui plonge, remonte, surnage, affleure...

Mais ça c'est des histoires qui vous mènent en radeau.

Hey Lily, pas d'vagues, si jamais j'meurs, zéro fleur !

# 10 : Marc Guillemaux

Mondes flottants

Bouteille à la mer

 

Au sortir de l'aurore en matinée de brume

Les élans de la mer s'arc-boutent sans fin

Les vagues morcelaient, en traits noirs, le destin

Silencieux canots aux froideurs de l'écume.

 

Le corps d'un enfant aux balancements des mers

Appelle l'émotion d'un monde éparpillé.

Qui donc accueillera cet enfant étranger ?

Il est mort dans la nasse qui tirent encore ses frères.

 

Ma terre tant aimée qu'on appelait Asile

Refuse aujourd'hui l'accueil du moindre Exil,

Ses contrées portent encore de bien tristes morsures.

 

La trace des deux guerres, des montagnes jusqu'aux plages,

Des cicatrices ouvertes au coeur des paysages

Et l'amour de la paix pour soigner les blessures.

INSCRIVEZ-VOUS !

Abonnez-vous à la newsletter et restez connecté à la Biennale