Petrit Halilaj


Né en 1986 à Kostërrc (Kosovo), vit et travaille entre Berlin (Allemagne) et Pristina (Kosovo)

Les œuvres de Petrit Halilaj sont traversées par l’expérience du conflit ethnique et de l’exil que l’artiste aborde en renonçant à toute forme de pathos pour examiner, d’un point de vue critique mais optimiste, les récits collectifs forgeant les concepts de nation et d’identité culturelle. Sous la forme d’une grande installation, Shkrepëtima recontextualise les décors, costumes et objets de scène d’une performance unique réalisée par l’artiste en 2018 dans les ruines de la Maison de la Culture de Runik, la petite ville kosovare où il a grandi et qu’il a dû fuir avec sa famille durant la guerre. À la fois bibliothèque, théâtre, cinéma et coopérative agricole, celle-ci a incarné pendant trente ans le symbole de l’identité culturelle multi-ethnique de la ville jusqu’à sa fermeture par les Serbes et sa destruction à la fin des années 1990. Résultat d’un long travail de recherches et de collaboration avec la population locale, Shkrepëtima – dont le nom, signifiant « éclair » ou « étincelle » en albanais, reprend celui du magazine culturel qui y fut publié dans les années 1970 et 1980 – prolonge ainsi le travail de l’artiste sur les racines historiques de Runik, de ses origines néolithiques à son passé récent et pose plus globalement la question du potentiel de l’art à transformer la réalité.

Avec le soutien de la Fondazione La Quadriennale di Roma.
Avec le soutien de ChertLüdde, Berlin ; kamel mennour, Paris/London ; Fondazione Merz, Turin.

Petrit Halilaj, Shkrepëtima (détail), 2018. Courtesy de l’artiste et [of the artist and] ChertLüdde, Berlin ; kamel mennour, Paris/Londres ; Fondazione Merz, Turin. © Blaise Adilon