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L’édito d’Isabelle Bertolotti

Un paysage exceptionnel

Temps fort de l’actualité artistique internationale,
la Biennale d’art contemporain de Lyon prend en 2019 un nouvel essor.

Grâce à la mise à disposition du site exceptionnel des Usines Fagor, qui se déploie sur plus de 29 000 m² au cœur de Lyon, cette 15e édition prend une ampleur sans précédent. Avec cette immense friche industrielle, l’intégralité du macLYON, des interventions sur toute la métropole et en région Auvergne-Rhône-Alpes, c’est un champ d’expérimentation hors norme qui s’offre aux artistes et donne à la manifestation une dimension nouvelle. Cette augmentation des possibles a séduit le Palais de Tokyo et son équipe de curateurs à qui le commissariat a été confié. Pour relever ce défi, Adélaïde Blanc, Daria de Beauvais, Yoann Gourmel, Matthieu Lelièvre, Vittoria Matarrese, Claire Moulène et Hugo Vitrani ont parcouru le monde avec l’idée de favoriser les projets inédits. Ces commissaires ont été sollicités pour leur capacité à mettre en œuvre une énergie et des ressources multiples, un regard ouvert sur la création en train de se faire et une sensibilité particulière aux problématiques contemporaines qui traversent notre société.
Résultat de leurs pérégrinations et de leur confrontation aux Usines Fagor, ils ont choisi de constituer un « paysage » dans lequel le visiteur sera amené à se déplacer, à découvrir, à observer, à entendre, à interagir, à sentir et à vivre une expérience, avec des artistes qui interviennent dans un spectre allant du microbiome à la biosphère. Ensemble, ils ont imaginé cette 15e édition de la Biennale d’art contemporain de Lyon comme un parcours physique, visuel ou encore spirituel, auquel le visiteur est amené à prendre part.
Ils ont retenu plus d’une cinquantaine d’artistes de toutes générations et de tous les continents, dont plus de la moitié habitent en Europe et un tiers en France, et bien évidemment une parité homme/femme. Venus de Bangkok, de Buenos Aires, de Brooklyn, de Brisbane, de Johannesburg, de Kostërrc, de Lyon, de Mexico, de Moscou, de Saint-Étienne, d’Oslo, de Rome, de Paris, de Pittsburgh, de Zurich et de bien d’autres villes encore, les artistes sont invités à concevoir des œuvres in situ prenant en compte non seulement l’histoire et l’architecture des lieux mais également le contexte socio-économique dans lequel elles s’inscrivent. L’implication de tout le bassin économique de la région Auvergne Rhône-Alpes, de la chaîne des Puys aux contreforts des Alpes, constitue l’une des forces de cette Biennale. Grâce à la richesse de l’écosystème local (métallurgie, chimie, textile, BTP, automobile…), aux savoir-faire traditionnels et aux technologies de pointe, aux potentialités multiples qui s’offrent aux artistes, ils ont pu composer un incroyable panorama contemporain constitué de systèmes digestifs sculptés, d’un tunnelier abandonné, de véhicules remodelés, de ronciers augmentés, de papiers recyclés, de tissus étirés mais aussi de véritables nuages traversés…

L’équipe curatoriale a imaginé cette Biennale comme un parcours physique, visuel ou encore spirituel, auquel le visiteur est amené à prendre part.

Cette édition s’inscrit dans une volonté de soutenir la création d’œuvres nouvelles avec une diversité d’expressions, en lien avec les moyens de production en circuit court. La Biennale d’art contemporain de Lyon se veut ouverte sur les pratiques les plus larges, favorisant la porosité des champs d’expression, la diversité des publics et les espaces de rencontres. Elle est conçue sans compromis mais naturellement conviviale, dans un souci de dialogue et d’échange, en lien permanent avec les préoccupations tant locales qu’internationales.

Une Biennale multi-sites qui irrigue le territoire : Veduta, Jeune création internationale, Expositions associées et Résonance.

Pour l’édition 2019, la Biennale se déploie sur l’ensemble du territoire régional. L’implication des commissaires de la Biennale a été revue et largement augmentée. La Biennale d’art contemporain de Lyon se veut une manifestation ouverte et accessible à tous, qui dépasse la notion restreinte de l’exposition pensée pour un lieu clos. Ce nouveau modèle s’organise à partir de quatre plateformes complémentaires qui irradient l’ensemble du territoire : Veduta, Jeune création internationale, Expositions associées et Résonance.
Dans la ville et sur tout le territoire de la métropole, c’est le dispositif Veduta qui propose des interventions d’artistes en collaboration avec les habitants, touchant ainsi des publics très divers. Cette année, et pour la première fois en collaboration avec les commissaires de la Biennale, près d’une dizaine d’artistes interviendront dans des quartiers de Lyon (7e et 8e arrondissements) mais aussi à Bron, Chassieu, Francheville, Givors, Meyzieu, Rillieux-la-Pape, Saint-Genis-Laval, Vaulx-en-Velin, Bourgoin-Jallieu, et jusqu’au Grand Parc Miribel Jonage.
Pour la première fois également, les commissaires de la Biennale sont invités à participer à la sélection des artistes de Jeune création internationale, le volet de la Biennale consacré exclusivement aux artistes émergents, co-réalisé par la Biennale de Lyon, l’École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon (ENSBA), l’Institut d’art contemporain, Villeurbanne/Rhône-Alpes (IAC) et le Musée d’art contemporain de Lyon (macLYON) et présenté à l’IAC.
Toujours en lien avec l’équipe curatoriale de la Biennale, un ensemble d’expositions est labellisé Expositions associées : la Fondation Bullukian, le Musée des Beaux-arts, le siège du CIC – Lyonnaise de banque : atrium, l’URDLA (Villeurbanne), La Halle des bouchers (Vienne), le Creux de l’enfer (Thiers), la Villa du Parc (Annemasse) et le Couvent de la Tourette (Éveux).
Enfin, un important maillage de galeries, de musées, d’institutions culturelles et de collectifs d’artistes, proposant des expositions ou événements conçus en lien avec la Biennale et témoignant de la dynamique artistique en région, portent le label Résonance.

La Biennale d’art contemporain de Lyon se veut une manifestation ouverte et accessible à tous, qui dépasse la notion restreinte de l’exposition pensée pour un lieu clos.

C’est cette formidable énergie commune, cette volonté d’ouverture sur le territoire et au-delà, cette multiplicité d’approches qui fera, j’en suis persuadée, de la Biennale d’art contemporain de Lyon, un moment riche d’émotions et de réflexions partagées par le plus grand nombre et sur toute la durée de la manifestation.

Isabelle Bertolotti
Directrice artistique de la Biennale d’art contemporain de Lyon